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Il était une fois les Le Pen.

Une tribu de cheveux jaunes et de sourires carnassiers, une famille Ricoré qui se serait fait mordre par des Loups Garous.

Le père, la fille, la nièce... Les Américains ont eu les Kennedy, nous nous coltinons les Le Pen. Oui, je sais, ça ne rend pas pareil (...)

Le chef du clan, JM, un mâle dominant à l’œil unique mais acéré, régente sa lignée depuis des décennies. La nature l’a doté d’un organe vocal imposant dont il use et abuse à souhait. Ses grognements gênent, choquent mais n’ont jamais vraiment inquiétés les autres tribus qui savent bien que malgré ses gesticulations intempestives, son propos est plus de faire du bruit que de régner véritablement sur la vallée.

Personne n’est assez naïf, ou assez bourré pour penser que JM pourrait réellement diriger quoi que ce soit. Mais tout le monde convient qu’il est bien pratique d’avoir un œil sur l’affreux de l’histoire. C’est toujours rassurant de savoir où se trouve le méchant.

Primates de droite, macaques de gauche, chimpanzés écolos ou gorilles centristes… Trop occupés à s’entrainer pour leur concours de grimaces, ils n’ont pas fait attention à la cadette des cheveux jaunes : M.

M. comme Le Maudit, comme Je t’M moi non plus, un M qui sonne surtout comme le renouveau pour la tribu des Enragés.

Mmmmmh, qu’il est bon mon Beaujolais… Note de banane, de mûre et de connerie… Venez donc vous enivrer !

Patiemment M. va attendre. Elle va attendre que les cheveux de son chef de père deviennent blancs. Elle va attendre que tous les primates de la vallée scient les branches sur lesquelles ils ont posé leurs fesses rougeoyantes. Elle va attendre les faux-pas, les scandales, et la monnaie de singe à profusion. Parce qu’elle a bien compris que dans le chao, il suffit de brailler plus fort que les autres pour être entendu. Et de ce côté là, elle peut remercier son hérédité.

M. prétend avoir la solution pour ramener la paix et la prospérité dans la vallée. Elle dit que le responsable c’est l’autre, celui qui n’habite pas dans la vallée. Elle dit qu’il y a trop de lianes dans les arbres qui laissent entrer l’autre, trop de cacahuètes pour l’autre, trop d’abris, trop de pluie, trop de place, d’herbe ou d’espoir… Trop d’autres, en fait.

Alors, Pôpa est fier, il laisse sa place à celle à qui il a tout appris, et qui manifestement à tout compris !

M. enveloppe ses phrases dans de jolis papiers, elle met des rubans de satins sur le fumier verbal de son pater, et toujours patiemment elle attend. Le piège est lent. Mais pas moins piège pour autant.

Le mâle dominant est devenu un mal dominé par sa propre portée. Insupportable pour le fossile rageur. Alors pour sa dernière danse, le vieux singe a qui plus personne n’apprend à faire de grimaces tente un pogo. Il veut tout mettre à terre, tout faire voler pour grogner une dernière fois.

Mais M. refuse cette fatalité. Si son père ne veut pas être « ce héro », il ne sera pas « ce boulet ». M. n’est pas là pour le brouhaha, elle, est là pour gagner.

Elle a trop attendu pour laisser JM taper sur ses vieilles casseroles, et saloper tout son canevas.

M. est un singe-araignée, sa toile lui a pris des années, et aujourd’hui elle est bien contente, parce que si c’est le vieux l’affreux de l’histoire, c’est qu’elle a enfin fini de tisser son déguisement.

Au bal masqué ohé ohé, M. vous propose un lap danse. Vogalène conseillé.

 

Voilà, pourquoi Marine va manger son père.