AMOUR

Mais qu'est ce qu'on est censé leur dire a nos mômes ? Ils regardent encore Cendrillon, Blanche Neige ou Hansel et Gretel, chef d'œuvres intemporels avec des gentils papas aimants (un peu mous du genoux mais bon...), des mamans mortes (ça aurait été plus rock’n’roll qu'elles se soient cassées avec le voisin de pallier mais bon...), et des belles mères acariâtre (les pères ayant été assez cons pour prendre des meufs plus vieille, plus moches et plus connes... Bon...).

A force de nager dans un océan de n'importe quoi ( je suis littéralement cerné par des désillusionnés de l'amour) je ne sais plus si c'est nous qui avons sauté dans une piscine sans vérifier si il y avait bien de l'eau dedans ou nos ancêtres qui ont porté des œillères jusqu'à l'aveuglement. Putain con (comme on dit a Bordeaux), c'est compliqué l'amour...

Je ne sais plus quoi dire a mon fils sur ses amours futurs, tant le schéma du joli petit couple roucoulant une vie durant, a pris du plomb dans l'aile.

Moi aussi je les aime ces petits vieux qui marchent main dans la main, des soupirs pleins les yeux. Ils traînent derrière eux leur vie si bien remplie d'eux mêmes et de fantômes. Et dans leurs silences on peut parfois entendre les voix de ceux, de celles qui les ont traversé sans pourtant les faire dévier.

Mais quelle force, quel dessin faut il avoir en sois pour aimer a 20 ans le(la) même qu'à 80... De quelle maîtrise ultime faut il être animé pour voyager sa vie sans s'enivrer ailleurs? Et finalement est ce vraiment pour le mieux? N'est on pas plus vivant en écoutant vraiment ses désirs, ses envies dût elles s'appeler conneries...

Je n'ai pas la réponse, j'en suis au questionnement mais je veux bien les vôtres pour dresser virtuellement un portrait robot de l'amour de maintenant.

Puisqu'il est désormais admis d'avoir comme les chats 7 vies en une seule, que fait-on de Cendrillon? Faut il encore dire a nos rejetons qui connaîtront l'amour 6.0 que la rime avec "toujours" est la plus ambitieuse, et la plus belle aussi?

Je fais bien ma maligne, la liberté en étendard et la passion comme religion...

Mais quand mon fils m'annoncera qu'il veut partir vivre au fin fond de la Mongolie avec son prof de piano de 15 ans son aîné, pour s'aimer librement dans une communauté itinérante de militants gay, n'aurais je pas un sursaut de conservatisme primaire, n'aurais je pas envie qu'il soit notaire, ou vétérinaire marié à Marie-Jeanne, dans un charmant village de l'Oise ou de l'Isère?

All you need is love? Bon, ben alors pourquoi on s'emmerde avec le reste?

Pourquoi ne sommes nous pas tous devenu hippies? Parce que sur le papier objectivement, je ne vois pas bien comment on peut préférer une société adoubant l'engagement pour la vie avec ou sans sentiment, la bien séance, la bien "pensance" et la possession, à la seule volonté de jouir de tout et a chaque instant, moment par moment, sans penser a demain...

Une génération de cornichons voilà ce que nous sommes. Coincés entre des vieux principes et de nouveau schémas.

Un papa et une maman, y a pas mieux pour les enfants? Peut-être... Mais quel papa pour quelle maman? Et pour combien de temps? Et surtout, est ce qu'un enfant y a pas mieux pour un papa et une maman? C'est vrai quoi... Quand on est deux, on veut être trois, et une fois qu'on est trois, on divise tout par deux...

Putain con...

Et maintenant on fait quoi?

On se rassure en se disant qu'enfant de hippie ou de notaire, on finit tous chez les mêmes psy. On fait du yoga, du reki, de la sophro, de l'acuponcture, des bains de boue, d'algues, de chocolat, et surtout de n'importe quoi. Voilà, c'est ça... Un grand bain de n'importe quoi, et un kiff énorme: au moins, il n'y a pas que moi...

Jack a dit "Ce qui existe, existe", ça vaut pour l'amour, pour la vie et le reste aussi.

 

Bon bain mes Amours.