KIKI

Olà, mes amours, oui je sais, je vous ai sacrément négligé… En même temps, le pape a démissionné lui, alors je pouvais bien vous mettre en jachère quelques semaines.

Devant l’abondance de mails réclamant un article (4 en vérité mais je vous sais pudiques…), me revoilou.

Je n’abandonne pas ce blog, étape décisive de cet après qui se dessine, je le mensualise pour me laisser le temps, de vous faire partager ces conneries indispensables* à nos vies (*attention ceci est du second degré).

Etant de moins en moins mannequin et de plus en plus auteur, je suis bien obligée d’en conclure que mon cerveau doit se développer à mesure que le reste se périme, ce qui me paraît somme toute assez juste. Je mesure néanmoins maintenant à quel point mon premier métier à épargné mes neurones de tout effort superflu pendant toutes ces années, merde c’est fatiguant de réfléchir…

Si j’en crois les statistiques sur la durée de vie, j’ai presque rongé la moitié de mon bâton, ce qui est totalement hallucinant vu que j’ai l’impression d’avoir passé mon bac hier… Tout le challenge reste de faire de ce deuxième volet une aussi belle aventure que le premier, ce qui dans mon cas n’est pas chose aisée.

« Il nous fallut bien du talent pour être vieux sans être adulte », voilà l’objectif.

En attendant, l’improbable cumul de mes activités m’amène à travailler avec une bande de vrais jeunes (moins de 23 ans), ce qui m’oblige à une jeunification culturelle assez épatante.

Si vous ne pensez pas encore être passé de l’autre côté (celui des non-jeunes), posez vous quelques questions :

Si je vous dis « Bouba » ?

Et que vous répondez « mon petit ourson », comme je l’ai fait avec mes amis les djeunes, j’ai le regret de vous annoncer que vous êtes officiellement un « yeuv », un vieux.

Bouba est un rappeur dont je ne jugerai pas le talent artistique (je ne sais pas…). Je peux dire sans trop me mouiller que son QI est bien inferieur à celui de l’ourson homonyme. En même temps, l’ourson de notre enfance avait grave la secla (la classe…), il parlait !

Mes nouveaux copains ignorent qui sont Catherine Lara ou Adamo, bon… Peut on vraiment leur en vouloir… Certains n’ont jamais entendu parler du Vel D’hiv est là c’est vraiment la tehon (…).

Je leur raconte les cassettes (VHS et musicales), les 45 tours qu’on apportais aux Boums, les badges qu’on épinglais sur nos blouson jeans, les sacs US qu’on se dédicaçais, les t-shirt Fido Dido, la tonne de laque qu’on utilisais pour faire une « coque », le fluo dont on abusais… Ils me disent que c’est chanmé (méchant…) et que ça devait déchirer mon temps (…)

Et bien oui chers post puceaux rois du monde, c’était sympa en effet.

Attention, nous pour se boire un Gini (quoi ça n’existe plus ???) on devait s’appeler avec le téléphone de nos parents (donc pas très longtemps), se caler un rendez-vous précis dans l’espace et dans le temps, et s’y tenir. On était des djeunes ponctuels du coup…

On ne se prenait pas la tête 10 ans sur un texto pour savoir si « Trop mortel de te voir LOL » ça voulait dire qu’on allait sortir ensemble… Ou pas. Nous, il fallait qu’on se revoit pour se dire que la fois d’avant c’était trop mortel, et on était assez vite fixé sur l’option « et plus si affinité ».

A mon époque, il y avait un élève par classe qui avait un ordi chez lui, et on squattait tous sa maison pour jouer à Super Mario ou faire des tournois de casse-briques. On n’avait ni tweeter ni facebook mais on n’en avait pas vraiment besoin, on était  ensemble en vrai !

Parfois on jouait à Action ou Vérité, un jeux merveilleux qui fait office de psychothérapie de groupe et permet quelques roulages de pelles au passage. Pelles dont on apprenais consciencieusement toutes les nuances en écoutant Doc et Difool sur Fun radio (…)

On regardait Interville en se disant que la télé pourrait difficilement tomber plus bas, avec des candidats habillés en homards géants coursés par des vachettes… On ne pouvait pas savoir qu’un jour il y aurait Brandon, Diana, Moundir, Nabila et tous les autres petits soldats de la téléchiotte. Une armée de pauvres bougres se partageant un unique neurone…

Je ne dis pas que c’était mieux avant même si ça l’était forcement puisque j’avais 15 ans (et aucun problème d’acnés). On se protégeait déjà du sida, on manifestait déjà dans la rue pour se plaindre du ministre de l’éducation, les hommes politiques nous promettaient déjà le plein emploi, on ne les croyait déjà plus… Il y avait déjà des cons, beaucoup… Cette espèce traversant le temps et les temps avec une vigueur inégalée.

 

Je dédie ce papier à mes jeunes amis, que je charrie, qui me charrient, que j’aime aussi.

Maman vous kiffe, vous like, vous +1…  

Trop pas une bolosse. LOL et reLOL.