complicatedIl était une fois une jeune femme, belle drôle et intelligente, que nous appellerons Marine. Euh, non en fait ça ne va pas, pardon pour toutes les autres Marine mais ces derniers temps, ce prénom  n'évoque plus vraiment la douceur des embruns et la danse des dauphins... Bon, nous l'appellerons Ève (...) Et un charmant jeune homme courageux, sensible et sexy que nous nommerons Marcello (ben OUI, il fallait forcément qu'il soit italien).

Ève rencontra Marcello lors d'une soirée bien arrosée. Toutes les princesses du royaume avaient été conviées , tous les valeureux chevaliers, naturellement,  étaient venu chasser.

Ève et Marcello dansèrent follement, parlèrent vaguement et burent beaucoup de vin blanc. Contre la porte des toilettes, ils s'embrassèrent fougueusement et essayèrent de faire beaucoup d'enfants (mais Ève avait un stérilet...).

Le lendemain Marcello composa une chanson et vint beugler sous les fenêtres de sa promise tout son amour et son désir. C'est à cet instant précis que la demoiselle décida qu'elle ne l'aimait pas. 

Évidemment, puisqu'il l'aimait tant...

Ève se rappelait qu'avant d'échanger fluide et miasme avec son latino elle avait offert quelques battements de cils au meilleur ami de celui ci. Elle avait enregistré dans son cerveau alcoolisé qu'il répondait au nom de Grand Fredo, et n'ayant plus de pigeon messager au frais, se contenta de l'oracle de Fesses de bouc... Trois incantations  et deux clics plus tard le visage de Sir Grand Fredo apparu sur l'écran magique, il s'appelait Frédéric Lelièvre, sa religion n'était pas défini, sa situation amoureuse "complicated", et son film préféré  "Dirty Dancing"... Ève décida qu'il était parfait. 

Le soir même, ils partageaient un mojito. Puis une douzaine d'autres, parceque  ça rendait la vie plus beau...

Marcello de son côté était inconsolable. Avec un vieux couteaux, il avait gravé -ÈVE- dans sa peau, et composait sans répit poèmes et mélodies pour celle qu'il avait aimé quelques heures à l'infini.

Il y avait pourtant Laura, Alexandra ou Vanessa, qui sans se connaître partageaient le même dessein, faire du bel italien leur destin. Mais la vérité c'est que Marcello n'en aimait  aucune des trois. 

Évidemment, puisqu'elles l'aimaient tant.

Au petit déjeuner, Ève dans sa tenue préférée, sautillait. Cette nuit l'avait mise en joie, le temps d'un ébat et sans débat, elle avait fait de Grand Fredo son roi. Il semblait pourtant que le nouveau souverain ne partageait pas tout à fait son entrain... Lelièvre qui n'était pas un lapin (oh, ça va, elle est facile mais tu as souri...) avait apprécié cette folle lune de cabrioles, mais alors qu'il buvait son café, il échafaudait en silence différents plans pour s'échapper. Son coeur était depuis longtemps déjà, prisonnier d'une princesse qui,  de lui,  ne se préoccupait. Aimée, la bien nommée ne souhaitait faire de Grand Fredo ni son amour ni son amant.

Évidemment, puisqu'il l'aimait tant.

Ève prit sa douche en chantant puis sur son miroir embué dessina un grand F et des petits coeurs. En arrivant  dans le salon, elle sentait bon le savon mais constata avec amertume que sa majesté de la nuit semblait s'être évaporé sans faire d'elle très grand cas.

Au lieu de laisser couler, d'aller se changer les idées, elle s'obstina tout au long de la journée à envoyer à Frédéric des messages tantôt enflammés tantôt révoltés. Ce dernier ne répondit jamais, espérant lâchement qu'elle se lasserait. Il n'aimait pas Ève.

Évidemment (...)

Le "tatouage" de Marcello s'était infecté, la fièvre dans tout son corps installée. Il se traina à l'hôpital, animé de visions et de délires. Aux urgences, son -ÈVE- boursouflé et suintant amusa les aides soignants. Se moquant gentiment, les infirmières l'appelèrent Adam (...). Juliette,  plus particulièrement, succomba au charme de son patient. Elle lui dit que depuis le temps qu'elle attendait Roméo, elle n'avait jamais pensé que ce serait Adam qui surgirait.

Marcello-Adam aima aussi Juliette, et ce soir là, dans les draps blancs de l'hôpital St Vincent, il lui fit un enfant.

Evidemment, puisqu'ils s'aimaient tant...

 

Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point... Blaise Pascal

Mouai...

It's complicated quoi...